AIR FRANCE : ATTAQUE EN REGLE CONTRE LE METIER DE PNC ET LA FIN D’UN MODELE SOCIAL

Tract de la section CGT PNC d’AIR FRANCE


mercredi 16 novembre 2016

TRUST TOGETHER

Les annonces faites dans le cadre du projet trust together ne sont guère réjouissantes pour notre catégorie socioprofessionnelle. Le PNC semblant en être la cible principale ! Comment pourrions-nous penser autrement lorsque tous les personnels de la future nouvelle compagnie seront issus d’Air France sauf… les PNC, puisque nos dirigeants nous annoncent la création d’une filière de recrutement spécifique au "coût du marché" ! Faut-il comprendre que nous serions les seuls responsables des "déboires" financiers de notre compagnie ?

ENCORE DES EFFORTS

Pourtant depuis de trop nombreuses années, les plans se succèdent et les efforts avec eux : les compositions équipage diminuent inexorablement, la durée normale du travail est passée de 67 heures à 75 heures, les services se sont alourdis, la rémunération est restée bloquée depuis de nombreuses années et dans un autre domaine, la durée de la carrière augmente progressivement. Ce triste constat prouve que nous ne sommes pas des privilégiés ! Il est vrai que comparés aux PNC de certaines compagnies, esclavagistes des temps modernes, nous sommes encore assez loin et heureusement de ce modèle social dont nous ne voulons pas pour nos enfants.

DU LOW COST

Nous ne sommes pas des salariés low cost à Air France car le low cost n’est pas qu’un concept, c’est un modèle qui concerne des salaires, des conditions de travail et une précarité d’un autre temps. Ceux qui nous disent que le low cost est la solution pour une sortie de crise structurelle, nous mentent ! Nous sommes régis en France par une Législation qui génère un modèle social protecteur, ce dont nos employeurs voudraient évidemment s’affranchir. Il n’y a qu’à observer les attaques incessantes contre le Code du Travail. Quand au niveau européen, l’harmonisation par le bas des règles est absolument sans précédent et particulièrement catastrophique.

QUELLE ALTERNATIVE ?

De notre point de vue, la solution est essentiellement politique. Depuis plusieurs années nous demandons l’organisation d’assises du transport aérien ; cette idée étant
reprise récemment par d’autres syndicats. De plus, de nombreuses erreurs ont été
commises par le passé et nous avons dû en payer les conséquences (amendes
diverses, prix pétrole, choix stratégiques…). Mais alors que nous sommes à la veille
d’une élection aussi importante que l’élection présidentielle, les candidats ne prennent
pas leurs responsabilités et bien au contraire, il leur semble urgent d’attendre….

LE PROJET POUR LES PNC

Pour la nouvelle compagnie : des PNC recrutés en externe à des conditions de
travail et salariales dégradées avec 10 avions LC en 2020 opérant sur des lignes, soit
déjà exploitées par AF aujourd’hui mais à la limite de la rentabilité (70% de l’activité),
soit ouvertes pour cette nouvelle compagnie ; elle opérera également sur le moyen
courrier pour alimenter le hub de CDG cannibalisant ainsi tout notre réseau avec nos
avions qui plus est !

Pour Air France : fin de l’activité point à point à compter de 2017 (pour les PNC ORY
une cohabitation avec HOP) ; amélioration de la productivité et maitrise des évolutions
salariales ; augmentation de l’utilisation des avions (donc des PNC) ; enrichissement de la relation avec le client pour créer plus de valeurs…

POUR FINIR

A ce stade, ce projet est de notre point de vue une catastrophe pour notre métier de
PNC ainsi que pour l’avenir de la compagnie historique Air France tels que nous les
connaissons aujourd’hui. C’est-à- dire un métier dans lequel nous pouvons faire carrière et une compagnie au rayonnement mondial (car de nombreuses lignes vont être transférées). De plus, quels seront les effets de l’arrivée de cette nouvelle compagnie sur les effectifs PNC d’Air France ? Comment un éventuel sureffectif sera-t- il traité ? Peut-être nos dirigeants comptent-ils sur des départs "anticipés" liés à l’insupportabilité des nouvelles conditions de travail type Ryanair ? Nos dirigeants nous ont déclaré la guerre malgré nos nombreux efforts. Notre réponse collective devra être à la hauteur des enjeux !