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On ne spécule pas avec les droits au repos


Opposition à la monétisation du Compte Épargne Temps


samedi 15 avril 2006 - Réagir Imprimez

Les syndicats SPE et SICTAM CGT et FO d’ADP ont décidé de s’opposer à la monétisation des jours de repos épargnés dans le Compte Épargne Temps (CET). Cette décision, première du genre à ADP, mérite d’être pleinement expliquée pour que tous les salariés comprennent bien nos raisons.

Qu’est ce que la monétisation du CET ?

C’est une disposition introduite par un avenant au règlement du CET qui aurait permis de transformer des jours de repos en actions ADP. Jusqu’à 25 jours de congé épargnés sur la ligne B du CET auraient pu ainsi être transformés en actions ADP.

Les syndicats SAPAP, CFE-CGC et CFTC ont signé cet avenant le 4 avril 2006. Ils sont minoritaires car ils n’ont recueilli que 35,9 % des suffrages aux dernières élections.

Pourquoi sommes-nous opposés à la monétisation du CET ?

Le travail, érigé par les droits de l’homme comme un droit fondamental, se raréfie par une utilisation perverse du progrès technique et des détériorations des régimes de protection sociale. Dès lors que certains sont privés d’emploi, on ne peut laisser d’autres libres de travailler autant qu’ils le voudraient. Seule la force de la loi peut imposer le partage du travail.

L’objectif de la réduction du temps de travail est de forcer les entreprises à créer des emplois en partageant le travail.
La monétisation du CET contournait l’objectif initial des 35 heures. Travailler moins pour être plus à travailler serait devenu travailler plus pour spéculer en bourse.

De plus, les sous-effectifs chroniques de certains secteurs contraignent de nombreux agents à ne pas prendre tous leurs congés. Ils ont le choix entre les épargner ou les perdre.
Pour ceux-là, le CET est plus subi que choisi. Empêcher de transformer ces repos en actions ADP c’est interrompre ce cycle et obliger l’entreprise à pourvoir les postes vacants.

Enfin, cette monétisation accompagne la privatisation d’ADP, imposée contre l’avis des travailleurs d’ADP, des syndicats et des principes mêmes de l’intérêt collectif.
Cette annulation est-elle légale et démocratique ?
Bien sûr. Au contraire, c’est la signature par trois syndicats ne représentant qu’un peu plus du tiers des votants qui n’aurait pas été démocratique.
Une majorité de nos adhérents s’est clairement déclarée contre cette possibilité d’échanger des congés contre des actions. Nous, syndicats SPE et SICTAM CGT, associés à FO et majoritaires aux dernières élections, avons donc utilisé ce droit d’opposition créé par la nouvelle loi "Fillon".

Cette démocratie représentative est par nature bien imparfaite. Dans l’idéal, la direction, que nous avions prévenu de notre intention, aurait dû organiser une consultation auprès de tous les travailleurs d’ADP. Consultation désormais réclamée par certains alors qu’il est trop tard.

En quoi cette loi Fillon est-elle inachevée ?

Le hic c’est que cette nouvelle loi n’oblige pas la direction à renégocier cet accord. En cas d’opposition, elle laisse donc les syndicats au milieu du gué : toutes les dispositions sont annulées mêmes celles qui constituaient des avancées. Rien n’oblige la direction à renégocier ... mais rien ne l’en empêche non plus !!

Oui, mais ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus ?

Les congés sont une conquête sociale majeure que l’on doit protéger contre toute remise en question. Beaucoup d’entre nous ont du mal à prendre leurs congés ou à boucler leurs fins de mois. Mais la seule solution pour que nos aspirations légitimes à des congés et un salaire décent soient entendues reste la construction d’un rapport de force. La victoire contre le CPE l’a prouvé de manière exemplaire.

Quant à ceux qui invoquent la liberté nous les invitons à réfléchir à cette maxime :
"Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit"
Lacordaire - 1848


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