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Film Polar espagnol


La Isla Minima


d’Alberto Rodríguez

vendredi 7 août 2015 - Réagir Imprimez

PNG Deux enquêteurs, Pedro (Raúl Arévalo, vu chez Pedro Almodóvar) et Juan (Javier Gutiérrez, star de séries télé) y sont dépêchés manu militari au bord du fleuve Guadalquivir pour investiguer sur le sort de deux adolescentes du cru, torturées et violées, sans que l’on sache d’abord s’il s’agit d’un réseau de traite des blanches, de prostitution locale ou de l’œuvre d’un sadique particulièrement inspiré.

Pour ajouter au trouble en cette période de transition postfranquiste des années 80, journaliers louches, trafiquants de tabac, flic véreux et potentats torves, chacun est sommé de choisir son camp.

Alberto Rodríguez, cinéaste né à Séville en 1971, entend sortir sa région natale, l’Andalousie, de l’ornière des clichés régionaux du flamenco et de la corrida, en pariant sur le dépaysement opéré par cette petite ville au décor de western suintant.
Son titre évoque la géographie tortueuse et hostile de ce lopin rural parsemé d’une zone de marécage poisseux qui a fait du tournage un « enfer », selon le cinéaste, pataugeant avec son équipe dans un dédale de canaux.

Auteur à succès de 7 Vierges (2005), Alberto Rodríguez, qui s’était déjà frotté au film noir aux accents eighties avec Groupe d’élite, en 2012, cite pêle-mêle les polars Memories of Murder du Coréen Bong Joon-ho et le Corbeau d’Henri-Georges Clouzot, haut patronage auquel le film doit sa mise en tension progressive.

Pour être le plus authentique possible, l’équipe du film s’est basée sur deux documentaires télé très fournis. En effet, le concept de la "démocratisation" en Espagne a été surmédiatisé et présenté aux Espagnols comme un paradis après l’enfer du franquisme. Un aspect que le réalisateur Alberto Rodriguez a cherché à nuancer à travers son film : "Plus de misère, plus d’émigration, plus de chômage. Rien. Envolés ! Les nostalgiques de la dictature qui célébraient chaque année la victoire sur les “ Rouges “ Évaporés eux aussi ? Mais où étaient-ils passés, c’est une autre histoire. Un vrai conte de fées. Du pur marketing ! Depuis, on a senti maintes fois combien notre équilibre restait précaire. On connaît par exemple la difficulté que rencontrent des milliers de familles pour exhumer les corps de leurs parents, ou grands-parents, fusillés et jetés dans des fosses communes sans aucune forme de procès pendant la guerre de 36 et bien après."

Très belle réussite avec une bande son tout aussi réussie. Un très bon moment de cinéma la photographie est très soignée et agrémentée de vues aériennes magnifiques de cette région très sauvage et belle qu’est cette partie méconnue de l’Andalousie.


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