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Faites le mur ! (film documentaire)


de BANKSY

vendredi 31 décembre 2010 - Réagir Imprimez
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Après son raid anticapitaliste dans le générique des Simpsons, Banksy s’attaque à Hollywood avec Faites le mur !, un film qui buzze. Tout d’abord à cause de son auteur, énigmatique street artist britannique qui bombe les murs de ses pochoirs subversifs, idolâtré ou conspué, coqueluche des médias et du monde de l’art. L’excitation était à son comble lors de la première du film au festival de Sundance, quand les peintures du plus populaire des vandales ont opportunément fleuri sur les murs de Park City ; puis au festival de Berlin, lorsqu’il convoque une conférence de presse avant de l’annuler en dernière minute pour diffuser une courte vidéo, le visage dissimulé sous une capuche et la voix trafiquée comme dans son film : « Faites le mur ! voulait être à l’univers du graffiti ce que Karaté Kid a été aux arts martiaux. Et fut au final ce que les Dents de la mer ont représenté pour le ski nautique », déclara-t-il avec un certain sens de la formule. Outre le mystère savamment entretenu autour du réalisateur, ce « documentaire » délirant, présélectionné aux oscars, a nourri moult spéculations depuis sa sortie américaine, en avril.

Faites le mur ! a tout du trompe-l’œil, un art dans lequel Banksy excelle, une farce brillante et complexe, orchestrée de main de maître par l’artiste habitué de ce genre de coups (lire ci-contre), résumé par ce titre du New York Magazine : « Mr Brainwash est-il le Borat du monde de l’art ? » Mr Brainwash (« monsieur lavage de cerveau »), c’est le pseudo de Thierry Guetta, expat français à Los Angeles aux épais favoris que le film suit. Il a la manie de tout filmer, tout le temps et surtout n’importe comment et n’importe quoi. Jusqu’au jour où il s’entiche du street art, via son « cousin », l’artiste parisien Space Invader, qui envahit les murs de vaisseaux mosaïques à l’effigie du jeu d’arcade. Par son entremise, l’improbable père de famille et vendeur de fringues vintage rencontre les pointures de l’art urbain, dont une belle brochette de Français (Zevs, André…) et le Californien Shepard Fairey, connu alors pour ses affichages sauvages d’Obey the Giant. Guetta immortalise avec sa caméra branque les activités illégales de ces chats de gouttière qui, la nuit tombée, reprennent possession des murs défigurés par la pub, infusant poésie ou revendication sociale et politique dans l’espace public, jouant à cache-cache avec les forces de l’ordre, prenant des risques insensés pour installer leurs visuels coups-de-poing.

Des vidéos tournées il y a une dizaine d’années, lorsque le street art n’était pas encore un phénomène de mode, exploité par la pub et le marché de l’art, avant que Fairey ne réalise le fameux poster Hope pour la campagne d’Obama. Guetta enregistre des kilomètres de bandes pour en faire un documentaire, jusqu’au jour où il rencontre Banksy, soit Dieu en personne au panthéon des rebelles de l’aérosol. Par une brusque volte-face, la caméra change alors d’épaule, Banksy persuadant Guetta d’abandonner son film pour devenir lui-même un street artist. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Guetta se métamorphose en Mr Brainwash, sorte de Banksy frelaté, dépravé et cupide qui pousse ses recettes jusqu’à la caricature.

Si la première partie du film est franchement drôle, la seconde sent le vinaigre et le règlement de compte. Critique de la commercialisation du street art, de la hype, de la surmédiatisation, le film tourne en dérision les gens qui s’entassent pour voir la nouvelle sensation que leur a vendue la presse, le milieu de l’art prêt à acheter n’importe quoi (Banksy pensait intituler son film « Comment vendre de la m. à des c. »), les artistes à la recherche des projecteurs. Mr Brainwash sert d’homme de paille, à la fois double et repoussoir. Une incarnation des contradictions qui tiraillent une sous-culture devenue mainstream, évolution à laquelle Banksy n’est pas étranger et qui regarde d’un œil narquois toute cette folie qu’il a déclenchée.

Faites le mur ! de Banksy avec Rhys Ifans, Banksy, Thierry Guetta

[Bande Annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19174772&cfilm=178192.html]


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