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Le Déjeuner du 15 août (Film)


de Gianni Di Gregorio

mercredi 18 mars 2009 - Réagir Imprimez

La touffeur du 15 août s’est abattue sur Rome. Gianni (Gianni Di Gregorio) est un homme d’âge mûr, doucement alcoolique, qui s’occupe à plein temps de sa mère (Valeria De Franciscis) avec laquelle il a toujours vécu. Il coulerait des jours tranquilles comme le vin qu’il sirote à crédit avec son ami Luigi sur un tonneau renversé, s’il n’était criblé de dettes au point que la copropriété le menace d’expulsion pour cause de charges impayées. Voilà qu’en ce jour où les citadins abandonnent volontiers la ville à ses clo-ches, Alfonso, le syndic de l’immeuble (Alfonso Santagata), propose à Gianni de lui confier sa propre vieille maman pour le week-end en échange d’un apurement total de ses comptes.
La nécessité qui guide ce généreux élan apparaîtra plus tard. L’affaire ne se refuse pas. Mère et fils, dont les liens affectueux se sont déjà traduits par les lectures avec lesquelles il la berce le soir, s’accordent en complices. Mais la mère d’Alfonso arrive flanquée d’une tante tout aussi cacochyme. Et puis Marcello, l’ami médecin coincé par une garde hospitalière, ajoute au lot sa propre mère, lestée de ses médications et des recommandations afférentes. Dans le huis clos de l’appartement qu’éclaire l’été romain, les quatre vieilles dames vont faire assaut de caprices et de conflits, de coquetteries et de manipulations longuement apprises. En contrepoint de leurs exubérances, Gianni devra conserver un flegme qui doit autant à la diplomatie qu’à son impécuniosité, entretenu tout au long par force clopes et petits verres au-dessus des fourneaux.

Caméra légère à l’épaule dans son propre appartement, le réalisateur, qui assure également la mise en scène et interprète le principal protagoniste, fait la part belle à l’imagination et aux capacités d’improvisation de ses quatre comparses, dont aucune n’est une actrice professionnelle. Chacun, dans la restitution de ce cercle intime, garde d’ailleurs son véritable prénom, à la manière du documentaire, qu’accentue le réalisme de l’observation. C’est aux tempéraments en présence et en action que la fiction doit ses évolutions. En plans qui enserrent les espaces, la joyeuse partition alterne, en désordres établis, fulgurances et lignes de bas-se.

Quand ce jour sacré du 15-Août pourrait ouvrir à Gianni les portes de l’enfer, le voilà plongé dans le tumulte de la vie qui s’obstine, des indispensables vernis à ongles aux minuscules jalousies, d’une sexualité qui refuse la mise en bière à l’excellence des pâtes au four quand on a consacré son existence à leur apprêt. Et qu’elles sont investies, autant que des billets, d’une valeur d’usage affectif dont le réalisateur ne cesse de pointer, comme en passant, les ambiguïtés. Film « à deux sous » produit par Matteo Garrone, dont Gianni Di Gregorio fut l’un des coscénaristes pour Gomorra, le Déjeuner du 15-Août s’autorise à affronter comme rarement au cinéma le grand âge, sans que jamais la veine comique ne détourne du respect. Rien ne dérape. Et à la spontanéité des interprètes répondent une simplicité de bon aloi, une distance délicate qui dénudent le rire de tout pathos. Abandon des vieux, solitude et pauvreté qui, mieux que les rides, fissurent les apparences, griffent avec la fausse nonchalance d’un chat que l’on dérange. La joie de vivre pourrait bien l’emporter, quand ni humour ni amour ne sont aveugles.

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