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Ritournelle de la faim (Roman)


De Jean Marie Le Clézio

jeudi 1er janvier 2009 - Réagir Imprimez

Prix Nobel de littérature 2008

Une petite merveille que le dernier Le Clézio paru début octobre, "Ritournelle de la faim". L’auteur y dessine un portrait attachant de sa mère, inspiratrice de l’héroïne du livre : Ethel, adolescente dans les années 30, toute jeune fille lorsqu’éclate la guerre.

La famille d’Ethel est dominée par la figure du père, Alexandre, venu de l’île Maurice à Paris dilapider sa fortune, celle de sa femme, puis celle de sa fille.

Le salon familial bruisse souvent de monde, des relations hétéroclites, de plus en plus marquées à droite à l’approche de la seconde guerre mondiale. La jeune Ethel y entendra des conversations antisémites, échos à la lecture de "Gringoire", qui lui font horreur.

Son adolescence est marquée par l’amitié avec Xenia, Russe blanche ruinée par la révolution, qui décide très jeune de rattraper par un beau mariage ses revers de fortune. Belle et moqueuse, Xenia glisse peu à peu vers un cynisme qui va la séparer d’Ethel.

Il y a aussi la figure du grand-oncle, M.Soliman, vieil homme bizarre qui achète le pavillon indien de l’Exposition coloniale (en 1931). Ethel rêvera longtemps de reconstruire la Maison mauve qui l’avait tant éblouie à cette Exposition, à partir des pièces démontées entassées dans le jardin du grand-oncle, derrière la gare Montparnasse.

Comment expliquer le charme indicible qui se dégage de ce livre de deux cents pages ? La magie tient pour une part à une évocation de Paris quasi-modianesque : de Montparnasse à l’ancien Vel d’Hiv, Le Clézio ressuscite des quatorzième et quinzième arrondissements délaissés des touristes, mais où l’histoire a laissé des traces parfois tragiques. Et puis, il y a la figure d’Ethel, rendue dans une langue légère, en petites touches sans pathos, pudique, horrifiée par la montée des fascismes, passionnée en amitié, fière et digne jusque dans la misère -une misère à connaître la faim, à se souvenir toute sa vie du goût du pain blanc, sur lequel le romancier ouvre son récit.

Sur le choix de ce magnifique portrait de femme, l’auteur s’explique ainsi, en extrême conclusion : "J’ai écrit cette histoire en mémoire d’une jeune fille qui fut malgré elle une héroïne à vingt ans".


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